MONDIAL DE L’AUTO 2026

19 octobre 2026 | par la rédaction d'Automobile Actu @Gilles T
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MONDIAL DE L’AUTO 2026

Paris a retrouvé sa ferveur et son public

Pour ce millésime 2026 le Mondial de l’ Auto reprend des couleurs, 518 372 visiteurs, des allées bondées, 6 000 essais et des carnets de commandes qui débordent, pour cette 91e édition du salon parisien qui referme ses portes sur un véritable succès populaire. Entre coups de cœur des passionnés, déferlante chinoise et retour en force des grands constructeurs européen, nous avons pris le pouls de cette édition de la renaissance.

On le disait condamné, presque enterré après les fantômes de l’après-Covid et une édition 2022 bien trop timide. Pourtant, du 12 au 18 octobre 2026, la Porte de Versailles a vibré comme aux plus belles heures. Avec 518 372 passionnés, curieux et familles venus arpenter les halls en six jours, le Mondial dépasse d’une courte tête le score de 2024 (+2 %) et valide son pari symbolique de la barre des 500 000 entrées. Une moyenne impressionnante de 86 000 personnes par jour qui prouve une chose : les Français aiment toujours autant l’automobile.

Il faut dire que l’affiche avait de la gueule. Sous la houlette de la PFA et d’Hopscotch, le Mondial a repris du muscle avec plus de 60 marques présentes contre 48 il y a deux ans. Le public a salué les grands retours de Mercedes, Fiat, Hyundai, Opel ou encore Volvo, venus faire face à une armada chinoise forte de 25 exposants. Qu’importent les absences de Toyota ou le faux-bond estival de BMW, la fête a été totale, portée par une atmosphère électrique.

Paroles de passionnés : ce qu’en a pensé le public

Dans les allées, un sujet était sur toutes les lèvres celle de l’offensive venue d’Asie. Si BYD et Xpeng font désormais partie du paysage, les visiteurs ont découvert avec curiosité les stands de Zeekr, Li Auto, Aito, Denza ou Chery. « C’est bluffant technologiquement et les prix font réfléchir », nous confiait un trentenaire sur le stand Zeekr. Pourtant, la résistance européenne s’organise dans le cœur des acheteurs. Pour beaucoup, les marques historiques conservent un avantage affectif et qualitatif : « Pour les finitions et le suivi, je préfère rester fidèle à nos constructeurs », nuançait un habitué du salon.

Côté cœur, la nostalgie rétro-futuriste a fait un carton plein. L’unanimité s’est faite autour du concept Citroën 2CV électrique. Certains visiteurs nous ont avoué avoir fait des centaines de kilomètres « juste pour la voir en vrai ». Les spectaculaires Peugeot E-T16 Concept et RCZ Vision, tout comme la résurrection des Renault E-Space et R8 Gordini Concept, ont arraché des sourires nostalgiques et des yeux écarquillés. Chez les constructeurs premiums, c’est la Mercedes Classe C électrique et sa promesse de 753 km d’autonomie qui a aimanté les regards. Seul petit reproche glané auprès de la foule : « Dommage que ces superbes concepts français mettent autant de temps à rouler dans nos rues ! »

Les temps forts qui ont marqué le salon

• Le grand frisson de l’autonomie : Pour la première fois, le public a pu tester la conduite automatique supervisée (niveau 2++) en conditions réelles sur route ouverte avec Deloitte. Une expérience futuriste qui a séduit 2 700 curieux.
• Un centre d’essais pris d’assaut : Avec près de 100 modèles disponibles (deux fois plus qu’en 2024), le centre n’a pas désempli avec 6 000 tests. Signe de l’intérêt concret des visiteurs : un essayeur sur deux avoue avoir un projet d’achat concret dans l’année.
• L’effet surprise de la Smart #2 : Révélée en première mondiale, la petite citadine a déclenché une vague d’intentions de commande qui a totalement pris de court les responsables de la marque.
• Le retour des « puces » abordables : Les familles et les jeunes conducteurs ont plébiscité le retour en force des citadines électriques à prix serrés. Les Renault Twingo, Volkswagen ID. Polo, Fiat Grizzly et Dacia Striker ont prouvé que la transition énergétique peut être populaire.
• L’automobile au cœur de la cité : Entre les débats enflammés sur l’IA au Paris Automotive Summit et le défilé record de 37 responsables politiques, Paris est redevenu, le temps d’une semaine, la capitale mondiale de l’industrie.

Bataille de stands : Renault cartonne, Mercedes séduit

Si l’on regarde les calculettes, le grand vainqueur commercial s’appelle Renault. Sur un panel de dix marques majeures présente, le Losange a transformé son stand de 2 500 m² en véritable machine à vendre. Plus de 60 signatures de contrats par jour ! Un quart des ventes du panel à lui tout seul. L’effet nostalgie de la Renault 5 Turbo 3E et l’attraction de la nouvelle Twingo ont parfaitement fonctionné. Juste derrière, les géants chinois BYD (55 ventes/jour) et Xpeng (44 ventes/jour) confirment qu’ils ne sont plus là pour faire de la figuration.

Mais au jeu de la séduction pure, c’est Mercedes qui chipe la couronne. Pour son grand retour après huit ans de bouderie, la marque à l’étoile a ébloui le public avec un grand écart parfait entre son van électrique VLE et la bestiale AMG GT 4 portes. Selon les sondages de terrain, c’est le stand le plus mémorable de cette édition. Derrière, Peugeot (et son magnifique clin d’œil historique alignant l’e-208 GTI face à la mythique 205 GTI) et Citroën complètent un podium très tricolore, tandis qu’Aito s’est imposé comme la curiosité asiatique la plus attractive.

Un salon en phase avec un marché en mutation

Ce succès populaire s’inscrit dans un contexte de marché particulièrement dynamique. En septembre, les ventes de voitures neuves ont bondi de 11,6 % en France, portant le total sur neuf mois à plus de 1,23 million d’unités. Poussé par l’envolée des prix à la pompe, le succès du leasing social et le bonus lié à l’éco-score, l’électrique bat un record historique à 42 % de part de marché (48 % en incluant les hybrides rechargeables). À l’inverse, le diesel vit ses dernières heures et s’effondre à 1,5 % des ventes.

Dans ce paysage mouvant, les chiffres bougent vite, par exemple avec les marques chinoises qui ont capté 8 % du marché en septembre. La riposte européenne s’organise par le prix et la relocalisation, à l’image du Kia EV2 produit en Slovaquie pour conserver ses aides d’État. Côté politique, l’accord franco-allemand esquissé durant le salon dessine un avenir moins radical, on s’oriente désormais vers un objectif de 75 % de voitures électriques en Europe d’ici 2035 plutôt qu’une interdiction pure et simple du thermique. De quoi rassurer une partie du public encore hésitante.

Le verdict du Mondial 2026

Le pari est gagné. Paris a prouvé qu’un grand salon automobile a encore tout son sens en 2026 quand il sait parler au cœur des gens. Ce Mondial a réussi l’équilibre parfait faisant rêver avec des concepts nostalgiques, rassurer par l’essai, et concrétiser par des bons de commande. Renault repart les poches pleines, Mercedes et Citroën gagnent la bataille de l’émotion, et la Chine valide définitivement son intégration.

Le rendez-vous est déjà pris pour octobre 2028 avec une formule élargie sur 11 jours et deux week-ends complets. Le défi sera de taille pour retrouver le million de visiteurs d’antan, mais l’automobile a prouvé cette semaine qu’elle avait encore une sacrée énergie à revendre.

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