Smart #2, le grand retour de la micro-citadines

30 octobre 2026 | par la rédaction d'Automobile Actu @Gilles T
Electriques (BEV), Nouveautés

Smart #2, le grand retour de la micro-citadines

On la croyait partie pour de bon. Trente ans après avoir bousculé les codes de l’automobile urbaine, la biplace de Smart fait son grand retour au Mondial de l’Auto de Paris. Avec ses 2,75 mètres, la Smart #2 repart à la conquête de la ville en toute électrique, toujours aussi courte et affichée à 19 990 €, la nouvelle Smart #2 tombe à pic, car en Europe la micro-citadine redevient tendance.

Il y a des retours auxquels on ne s’attend plus. Surprise, le 12 octobre 2026, porte de Versailles, Smart a levé le voile sur sa #2, héritière directe de la mythique Fortwo. Même silhouette de pot de yaourt sur roues, même obsession du centimètre gagné, même promesse, celle de se garer là où les autres renoncent. Mais, sous cette robe bicolore, tout a changé, une plateforme inédite, batterie LFP, recharge rapide, écrans, aides à la conduite… La petite Smart a grandi dans sa tête, pas en dimensions.

Les microcitadines reprennent du poil de la bête

Pendant des années, la tendance allait dans un seul sens : toujours plus gros, toujours plus lourd, toujours plus cher. Les SUV ont englouti les parkings, et les petites voitures ont progressivement quitté les catalogues. La Fortwo elle-même avait tiré sa révérence, laissant orphelins des milliers de citadins accros au créneau en bataille.

Sauf que la roue tourne, zones à faibles émissions, stationnement hors de prix, rues saturées… En ville, la voiture compacte redevient une évidence et l’électrique s’y prête à merveille. Les trajets sont courts, la recharge se fait à domicile ou au bureau, et une petite batterie suffit largement.

Les constructeurs l’ont bien compris, Renault a relancé sa Twingo en version 100 % électrique, Dacia continue de jouer la carte du prix avec sa Spring, et Leapmotor pousse sa T03. Pour les plus jeunes ou les trajets très courts, la Citroën Ami occupe toujours le créneau de la voiturette sans permis.

Une fois n’est pas coutume, c’est de Bruxelles qu’est venue l’étincelle. En officialisant en décembre 2025 la catégorie M1E rapidement rebaptisée E-Car, la Commission européenne a proposé un coup de force industriel. Directement inspiré des célèbres kei cars japonaises, ce nouveau cadre réglementaire ambitionne de forcer la main des constructeurs pour faire émerger des citadines 100 % électriques de moins de 4,20 mètres, assemblées sur le Vieux Continent et affichées sous la barre mythique des 20 000 €.

Un an plus tard, cette vision audacieuse se heurte pourtant à la réalité des négociations. Cet été encore, législateurs et marques menaient une guerre de tranchées autour du calcul des super-crédits CO2 et des standards de crash-tests, tandis que le curseur pour le poids et la puissance restait à définir. Un flou réglementaire qui pousse déjà le groupe Stellantis à reporter à l’horizon 2028 le lancement de ses futures Citroën 2CV et Fiat Panda électriques, promises autour de 15 000 €.

C’est dans ce paysage en pleine effervescence que la Smart #2 entend jouer sa propre partition. Alors que la concurrence s’obstine à vouloir faire entrer quatre places dans un chausse-pied, la puce germano-chinoise assume sa stricte configuration biplace et son gabarit ultra-contenu. Loin d’être un handicap face aux critères M1E, c’est sa signature.


Petite par la taille, grande par la technique

Côté style, la Smart #2 a été dessinée par l’équipe de design globale de Mercedes-Benz, partenaire de Geely dans l’aventure Smart. Elle reprend fidèlement le concept dévoilé au printemps au salon de Pékin. Les roues sont plantées aux quatre coins, les porte-à-faux quasi inexistants. On retrouve les clins d’œil à l’aïeule, comme la peinture bicolore et le hayon en deux parties, le fameux « Split Tailgate ».

Le chiffre qui fait mouche, ce sont ses 2 746 mm de long. Ajoutez un diamètre de braquage de 6,95 m de trottoir à trottoir, et vous obtenez une vraie toupie urbaine. Le coffre annonce 305 litres, jusqu’à 505 litres en avançant les sièges, selon les dires du constructeur.

Sous ses traits, tout part d’une page blanche. La #2 inaugure la plateforme ECA (Electric Compact Architecture), conçue dès l’origine pour l’électrique. La cellule de sécurité Tridion, signature historique de la marque, évolue en « Tridion Cell Evo » et Smart revendique une première dans la catégorie avec un essieu arrière multibras à cinq bras.

Fiche techniqueSmart #2
Longueur2 746 mm (2 764 mm en Couture Edition)
Moteurarrière, 60 kW (82 ch), 130 Nm
Transmissionpropulsion
BatterieLFP, 35,8 kWh
Autonomie WLTPjusqu’à 290 km (valeur provisoire)
Consommation WLTP13,6 kWh/100 km
Recharge rapide DC65 kW, 10 à 80 % en 20 min environ
Recharge AC7,4 kW (Pure), 11 kW (Pure+ et au-delà)
Diamètre de braquage6,95 m
(données constructeur Smart Octobre 2026)


À bord, l’ambiance change radicalement. Une planche de bord en forme de S, une banquette au dessin continu, un écran central de 10,1 pouces et une instrumentation numérique de 8,8 pouces. La connectivité (4G, Wi-Fi, Bluetooth) est incluse pendant huit ans. Un « smart pillar » sur la planche de bord permet de fixer de petits accessoires. Toutes les versions disposent du régulateur adaptatif avec Stop & Go et de la fonction V2L, qui transforme la batterie en prise de courant via un accessoire dédié.


Sous la barre des 20 000 €, mais sans coup de pouce

C’est là que Smart frappe fort. La #2 démarre à 19 990 €, un prix d’appel annoncé pour la France comme pour l’Allemagne, l’Autriche ou l’Italie. La gamme compte quatre niveaux, dont une série limitée.

FinitionPrixCe qu’elle ajoute
Pure19 990 €LED avec feux de route automatiques, V2L, régulateur adaptatif, chargeur 7,4 kW
Pure+20 990 €Chargeur 11 kW, siège conducteur chauffant, surveillance d’angle mort
Premium24 490 €Toit vitré, sièges chauffants, son Sennheiser 7 haut-parleurs
Couture Edition25 690 €999 exemplaires en Europe, blanc mat Atelier, toit or Platinum, jantes 16 pouces
Informations constructeur, sous réserve de modifications


Prix européens communiqués au Mondial ; la grille française définitive reste à confirmer par Smart France.

Seul bémol, et il est de taille, la #2 est fabriquée en Chine avec Geely. Elle n’ouvre donc pas droit au « coup de pouce » électrique français, réservé aux modèles à bon score environnemental et fabriqués en Europe. Pour compenser ce handicap, la marque a gardé son prix d’entrée sous les 20 000 €. Face à une Twingo électrique aidée, la bataille se jouera donc au centime près.

Côté calendrier, les précommandes se sont ouvertes au Mondial. Les premières livraisons sont attendues au premier semestre 2027, une fois l’homologation européenne bouclée. D’ici là, certaines données, dont l’autonomie, peuvent encore évoluer.

En résumé, l’icône est de retour en ville

Avec la #2, Smart ne réinvente pas la roue, elle la remet aux quatre coins, là où elle a toujours été. Deux places, 2,75 m, un braquage de taxi londonien et jusqu’à 290 km d’autonomie annoncée, la recette Fortwo reste intacte, la technologie en plus.

Reste à savoir si les citadins suivront. Le prix d’appel est séduisant, mais l’absence d’aide à l’achat en France pèsera dans la balance face à des quatre places aidées. Une chose est sûre, alors que l’Europe réfléchit à ses propres kei-cars, la petite Smart arrive en éclaireuse et dans la jungle urbaine, il faudra compter avec elle.

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