Époqu’Auto 2026 : la passion des anciennes tourne à plein régime

3 novembre 2026 | par la rédaction d'Automobile Actu @Gilles T
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Époqu’Auto 2026 : la passion des anciennes tourne à plein régime

Du 6 au 8 novembre, Eurexpo Lyon accueille la 47e édition d’Époqu’Auto : plus de 1 000 exposants, 220 clubs, 1 700 voitures et 200 motos. Au-delà des chromes et de la nostalgie, le salon montre une filière d’artisans, de restaurateurs, de marchands et de passionnés qui font vivre le patrimoine roulant.

Une voiture ancienne ne raconte pas seulement une histoire de mécanique, de pistons et de bielles. Elle porte la trace d’une époque, d’un savoir-faire industriel, parfois d’un art de vivre. Chaque automne, Lyon devient le point de ralliement de ceux qui entretiennent cette mémoire. Derrière les carrosseries lustrées, c’est aussi une économie discrète qui tient salon.

Le rendez-vous est organisé depuis 1979 par le Club des amateurs d’automobiles anciennes (les 3A) et ses quelque 300 bénévoles. Au programme : plus de 1 000 exposants et partenaires, 220 clubs de marques et 1 700 voitures, sans compter les 200 motos. Après 110 000 visiteurs en 2025, les organisateurs visent encore plus haut. Ce n’est plus une simple réunion de collectionneurs : c’est l’un des grands rendez-vous automobiles de l’Hexagone pour les amateurs de belles autos.

Restaurer, réparer, transmettre : une filière qui tourne à plein régime

Derrière chaque ancienne remise en état, il y a souvent des mois, voire des années de travail et une petite armée de spécialistes : mécaniciens, carrossiers, selliers, électriciens, motoristes et fournisseurs de pièces détachées. Ce sont des compétences devenues rares, que les ateliers actuels ne maîtrisent plus forcément.

C’est tout l’intérêt d’Époqu’Auto : réunir sous le même toit marchands de véhicules, restaurateurs, spécialistes de la pièce et vendeurs d’accessoires. Autant d’acteurs qui font vivre une activité autour de modèles sortis des chaînes de montage depuis des décennies.

Ce marché ne consomme pas le même carburant que l’automobile moderne. Il ne dépend pas du renouvellement des gammes, mais de la conservation, de la réparation et de la transmission. Une pièce introuvable peut exiger une fabrication sur mesure. Une sellerie d’origine réclame des gestes d’artisan. Un moteur d’avant-guerre demande des compétences que les formations généralistes n’enseignent plus.

Le salon met aussi en scène cette excellence : le patrimoine automobile devient ainsi un débouché pour des petites entreprises et des artisans spécialisés. Il rappelle aussi que la durabilité n’a pas attendu les débats actuels pour exister dans l’automobile, elle fait partie de son ADN.

Une vitrine du patrimoine industriel

Époqu’Auto raconte aussi l’histoire de l’industrie. La Fondation Berliet expose le plateau « À chaque métier son camion », qui rappelle le poids lourd lyonnais dans l’histoire des utilitaires français. Les utilitaires fêtent aussi les 60 ans du Berliet Stradair. Automobiles Voisin (constructeur français de prestige, fondé en 1919 par Gabriel Voisin) illustre le passage de l’aéronautique à l’automobile de luxe. Bugatti aligne 18 voitures, et l’exposition « La Dolce Vita » réunit 25 Fiat, dont la première voiture produite par Fiat, une 3,5 CH (3½ HP) de 1899. La 2 CV, star de l’affiche, est présentée à travers ses séries limitées.

Ces plateaux sont plus que des vitrines. Ils rappellent que la France et l’Europe ont bâti une partie de leur puissance industrielle sur l’automobile, et que cette mémoire crée encore de la valeur.

Des clubs, aux ventes d’enchères : le marché de la collection change de génération

Les clubs sont la colonne vertébrale de cette économie. Avec 220 associations, dont 20 nouvelles cette année, ce réseau partage la documentation technique, déniche les pièces, authentifie les modèles et transmet l’histoire. C’est aussi lui qui fait entrer de nouveaux amateurs dans le jeu, notamment grâce aux youngtimers. Ces voitures des années 1980, 1990 et du début des années 2000 passent progressivement du statut d’occasion à celui de pièce de collection.

Un qui signe ne trompe pas, l’espace youngtimers double sa surface à 600 m². Il célèbre les 40 ans des BMW M3 et M4 avec 23 voitures. Un Village Drift relié au circuit extérieur attire aussi une génération qui découvre l’automobile ancienne par le pilotage. La collection ne se limite pas seulement aux grandes classiques d’avant-guerre ou aux sportives de prestige : des modèles populaires comme la Renault 5 ou la Peugeot 205 GTI ont désormais leur cote.

Les ventes aux enchères d’Osenat, dans le Hall 6, prendront le pouls du marché : les motos le vendredi 6 à 18 h, les youngtimers le samedi 7 à 15 h, puis les autos de collection le dimanche 8 à 14 h. Près d’une centaine de voitures et 60 motos doivent passer sous le marteau. Ce sera l’occasion de mesurer les attentes des acheteurs et les écarts de valeur entre modèles. Prudence toutefois : une ancienne n’est pas un placement garanti. Son état, son historique, sa rareté et la demande font largement son prix.

Préparer l’avenir d’un patrimoine qui roule

Comment préserver des véhicules dont les pièces se raréfient ? Comment former des mécaniciens capables de régler un carburateur ou de remettre en route une magnéto (système d’allumage autonome d’un véhicule ancien) ? Comment séduire des jeunes qui ont grandi avec le digital, les écrans tactiles plutôt qu’avec les vis platinées et starter ?

Le salon apporte quelques réponses : la présence de clubs, de jeunes amateurs et d’espaces consacrés aux youngtimers montre que le secteur cherche à renouveler son public. La Fédération française des véhicules d’époque (FFVE) participe également à cette dynamique en accompagnant les propriétaires sur les questions réglementaires et patrimoniales. Un tarif réduit à 15 € pour les 12-16 ans et les étudiants, des stages de drift avec la Torque Drift School et des espaces youngtimers en pleine croissance.

Cette transmission est essentielle car sans renouvellement des compétences et de passionnés, une partie du patrimoine roulant risque de devenir plus difficile à entretenir. La voiture ancienne n’est donc pas seulement un objet de mémoire : elle représente aussi un ensemble de connaissances techniques qu’il faut continuer à faire vivre.

L’analyse Automobile Actu

Époqu’Auto révèle une facette souvent oubliée de l’industrie automobile : celle qui existe après la vente du véhicule neuf. Autour des voitures anciennes s’est construit un écosystème économique fondé sur la réparation, la restauration, la pièce détachée et la transmission des savoir-faire. Un modèle qui repose sur des métiers spécialisés et sur une relation différente à l’automobile, où conserver peut avoir autant de valeur que remplacer.

À l’heure où les constructeurs accélèrent leur transformation technologique et où le coût des véhicules neufs interroge de nombreux automobilistes, cette économie mérite d’être observée avec attention. Elle rappelle qu’une voiture peut continuer d’exister et à faire vivre une filière durablement après sa sortie de concession.

L’avenir de l’automobile se construira-t-il uniquement autour des nouvelles technologies, ou saura-t-il aussi préserver les savoir-faire qui ont fait son histoire ?

Époqu’Auto 2026 : la passion des anciennes tourne à plein régime
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