Sommaire
Plus de 700 000 exemplaires écoulés dans le monde sous le nom de Seagull, une arrivée en France en mai 2025, et déjà une cure de jouvence à l’automne 2026. La BYD Dolphin Surf n’a rien d’un poisson rouge qui tourne en rond dans son bocal. Avec un prix d’appel à 19 990 €, une cinquième place enfin ajoutée et une dotation à faire pâlir les citadines européennes, la plus petite des BYD veut surfer sur la vague électrique française. Mais tient-elle la distance face aux Renault 5, Citroën ë-C3 et autres Dacia Spring ? Nous avons réalisé l’essai pour en être sûrs.
Un look qui ne laisse personne indifférent, un intérieur qui se la joue sérieux
Sur le marché chinois, elle s’appelle Seagull et mesure 3,78 m. Pour débarquer en Europe, BYD lui a étiré les porte-à-faux jusqu’à 3,99 m, un allongement qui a sans doute aidé à décrocher les cinq étoiles Euro NCAP. Résultat, la Dolphin Surf dépasse une Renault 5 de 7 cm en longueur et en hauteur, mais lui cède 5 cm en largeur (1,72 m contre 1,77 m). Elle repose sur la plateforme e-Platform 3.0 et sur la fameuse batterie Blade de la marque.
Côté style, l’auto divise. Phares effilés, lignes tendues, toit flottant, bandeau lumineux sur toute la largeur, on s’amuse même des faux airs de sportive italienne de cette citadine dessinée sous la houlette de Wolfgang Egger, ex-patron du design Lamborghini. Revers de la médaille, les extensions d’ailes non peintes et les petites jantes de 16 pouces lui donnent une allure un peu haute sur pattes. Si le vert lime de la pub vous pique les yeux, sachez que c’est la seule teinte gratuite, les autres coûtent 650 €.
Une fois à bord, l’ambiance change de registre. Des matériaux certes rigides mais assemblés avec soin, et un revêtement de planche de bord façon suédine du plus bel effet. À l’arrière, deux adultes voyagent à l’aise, avec une belle garde au toit et des dossiers bien inclinés. Le coffre, lui, reste le point faible avec ses 308 litres seulement, dans une forme peu pratique, avec toutefois un double-fond pour ranger les câbles et jusqu’à 1 037 litres banquette rabattue.
La grande nouveauté de l’automne 2026 corrige le principal reproche fait à la voiture, elle passe de quatre à cinq places, grâce à une troisième ceinture et un appui-tête supplémentaire à l’arrière. Avec 1,72 m de large, mieux vaut néanmoins réserver la place du milieu aux trajets courts. Ce restylage intérieur apporte aussi :
- un écran central de 12,8 pouces avec services Google (Maps, Play Store) sur la finition Comfort
- une instrumentation numérique agrandie de 7 à 8,8 pouces
- un sélecteur de vitesses déplacé sur la colonne de direction et un volant redessiné, chauffant sur Boost et Comfort
- des sièges chauffants sur Boost, la climatisation et deux prises USB-C à l’avant sur toutes les versions, plus une plage arrière
- des jantes alliage de 16 pouces sur l’entrée de gamme Active.
L’équipement reste l’arme fatale de la BYD. Dès la version de base, on trouve régulateur adaptatif, aide au maintien dans la voie, caméra de recul et accès par carte NFC. La Comfort ajoute caméras à 360°, sièges électriques chauffants et recharge à induction. Quelques petit oublis surprennent néanmoins, il n’y pas de radar de stationnement avant, pas de haut-parleurs à l’arrière et une climatisation manuelle. Quant à l’ergonomie, elle a fait grincer des dents : commandes centrales identiques difficiles à mémoriser, écran tactile capricieux et inscriptions minuscules au compteur.

Au volant : plus confortable que sportive, et une autonomie qui tient ses promesses
Sous le capot, la gamme reste inchangée avec le restylage. Deux batteries LFP Blade (30 et 43,2 kWh brut) et deux moteurs synchrones à aimants permanents (88 ou 156 ch) se partagent trois versions. Piège à éviter : malgré son nom, la Boost conserve le petit moteur de 88 ch, mais profite de la grande batterie. C’est d’ailleurs la plus endurante de la famille, et sans doute la plus pertinente.
| Version | Batterie (brut) | Puissance | Autonomie WLTP | Recharge rapide DC |
|---|---|---|---|---|
| Active | 30 kWh | 88 ch | 220 km | 65 kW |
| Boost | 43,2 kWh | 88 ch | 322 km | 85 kW |
| Comfort | 43,2 kWh | 156 ch / 220 Nm | 310 km | 85 kW |
Toutes les versions disposent d’un chargeur embarqué de 11 kW et de la fonction V2L (3,3 kW) pour alimenter un appareil électrique.
Sur la route, la Comfort de 156 ch abat le 0 à 100 km/h en 9,1 s, et ses 220 Nm débordent volontiers sur la motricité des roues avant. Une suspension souple qui privilégie le confort, un léger rebond sur les bosses et un comportement sain mais sans prétention sportive. Face à la Renault 5, plus rigoureuse grâce à son train arrière multibras, la Chinoise joue les tapis volants. Le vrai bémol tient au freinage régénératif : quasi inexistant en mode normal, à peine plus mordant en mode fort, il ne permet jamais l’arrêt sans toucher la pédale. Adieu la conduite « à une pédale ».Côté autonomie, les performances réelles varient selon le type de trajet. Sur un parcours mixte, la consommation moyenne s’établit à 15,4 kWh/100 km, offrant environ 266 km d’autonomie. En revanche, à une vitesse de 130 km/h sur autoroute, la consommation grimpe à 24,6 kWh/100 km, réduisant le rayon d’action à une distance comprise entre 160 et 167 km.
Au quotidien, l’autonomie standard est initialement estimée à 250 km. Toutefois, l’usage à plus long terme se révèle plus avantageux : hors autoroute, la consommation n’excède pas 14 kWh/100 km, oscillant généralement entre 11 et 13 kWh au quotidien. Dans ces conditions, les 310 km d’autonomie annoncés par le constructeur sont pleinement atteints, voire dépassés.
Pour la recharge rapide, le constructeur indique un 10 à 80 % en une trentaine de minutes. En réalité, comptez plutôt 38 minutes pour cet exercice, car la puissance tend à chuter après la barre des 40 %. D’autres observations mettent toutefois en avant des pics à 87 kW et une excellente régularité de la courbe. Le chrono officiel correspondrait donc plus fidèlement à un passage de 15 à 80 %.
Rien de rédhibitoire pour une citadine, d’autant que cette version se révèle bien plus agile et à l’aise sur les petites routes de campagne que son gabarit ne le laisse présager.
Prix, concurrence: la bonne affaire a ses limites
Avec le passage à cinq places, la grille tarifaire française a été revue à la hausse sur les versions supérieures. Bonne nouvelle pour les chasseurs de bonnes affaires, chez BYD, ils appliquent en octobre 2026 de généreuses remises commerciales.
| Version | Places | Prix catalogue | Prix remisé (octobre 2026) |
|---|---|---|---|
| Active 30 kWh, 88 ch | 4 | 19 990 € | — |
| Boost 43,2 kWh, 88 ch | 5 | 24 490 € | 20 690 € |
| Comfort 43,2 kWh, 156 ch | 5 | 26 490 € | 23 690 € |
Attention, ces remises sont une promotion du constructeur et non une aide publique. Produite en Chine, la Dolphin Surf reste privée de « coup de pouce » électrique et ne touche qu’une prime CEE de 365 €. Au jeu de l’équipement pur, la Chinoise garde toutefois une longueur d’avance, avec en prime une garantie de six ans.
Dans les concessions, la recette commence à prendre. La Dolphin Surf totalise 1 667 immatriculations en France en 2026 (données NGC-Data), encore loin des Renault 5, Citroën ë-C3, Fiat Grande Panda ou Hyundai Inster. Mais la dynamique est là, BYD France revendique environ 450 commandes par mois depuis juillet, trois fois plus qu’en début d’année. Le mix de ventes donne raison aux essayeurs : la Boost représente 65 % des immatriculations, devant la Comfort (28 %) et l’Active (7 %).
La concurrence s’organise, avec la nouvelle Dacia Spring attendue fin 2026 et la nouvelle Renault Twingo
.

Une force tranquille taillée pour le quotidien.
La BYD Dolphin Surf ne révolutionne pas la citadine électrique, mais elle coche beaucoup de cases. Finition soignée, équipement pléthorique, cinq étoiles Euro NCAP, recharge régulière et désormais, cinq places, la petite Chinoise a corrigé son plus gros défaut en un an seulement. Elle conserve pourtant quelques épines sous le pied : un coffre étriqué, une régénération anecdotique, une ergonomie déroutante et une consommation qui grimpe vite sur autoroute.
Pour qui ? Pour l’automobiliste qui veut un maximum d’équipements pour un minimum d’euros et roule surtout en ville et sur le réseau secondaire. La version Boost, notamment avec la remise d’octobre, représente le meilleur compromis de la gamme. Ceux qui privilégient le plaisir de conduite ou peuvent prétendre aux aides à l’achat regarderont plutôt du côté des Renault 5, Hyundai Inster ou Nissan Micra. Mais une chose est sûre, la Dolphin Surf n’a rien d’un jouet low cost, et les citadines européennes auraient tort de la regarder de haut.