Mitsubishi Pajero : le pari du diesel en version 7 places

22 septembre 2026 | par la rédaction d'Automobile Actu @Gilles T
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Mitsubishi Pajero : le pari du diesel en version 7 places

Le diesel revient là où on ne l’attendait plus. Alors que l’industrie automobile accélère sa transition vers l’électrique, Mitsubishi vient de dévoiler une nouvelle génération du Pajero qui assume pleinement son choix, avec un moteur diesel de 2,4 litres, associé à une transmission automatique à huit rapports et à une transmission intégrale évoluée. Une décision qui peut surprendre, surtout à l’heure où le prix du gazole dépasse les 2,30 euros le litre en France.

Mais derrière ce choix, il ne s’agit probablement pas simplement de faire revivre une technologie désuète. Mitsubishi cherche avant tout à rester fidèle à l’adn du Pajero, un véritable véhicule tout-terrain, conçu pour transporter, tracter et évoluer sur des terrains difficiles, avec une autonomie et une polyvalence adaptées aux longs parcours.

Le Pajero ne revient pas pour suivre la tendance

Dévoilé le 2 septembre dernier, le nouveau Pajero devient le nouveau modèle porte étendard de Mitsubishi. La marque japonaise revendique un véhicule capable de combiner capacités tout-terrain, confort et montée en gamme. Le constructeur prévoit un lancement d’abord en Thaïlande, au Japon et en Australie, avant une commercialisation dans une centaine de marchés à partir de 2027.

Mitsubishi ne semble pas vouloir diluer l’identité de son modèle. Sous le capot, le Pajero reçoit un quatre-cylindres diesel 2,4 litres développant 204 ch et surtout 480 Nm de couple. Une valeur importante pour un SUV à vocation tout-terrain, notamment lorsqu’il s’agit de franchissement, de remorquage ou de circulation sur des terrains difficiles.

C’est probablement là que se trouve la logique du constructeur. Le Pajero n’est pas conçu comme une citadine électrique destinée principalement aux trajets quotidiens. Son positionnement est celui d’un grand SUV capable de sortir des routes classiques. Dans cet environnement, Mitsubishi conserve une motorisation qui privilégie le couple, l’endurance et la polyvalence sur longue distance.

Un choix surprenant, face au prix du gazole

Au moment même où Mitsubishi dévoile son nouveau diesel, le carburant est devenu particulièrement coûteux. En France, le prix moyen du gazole atteint environ 2,39 €/litre en ce mois de septembre 2026. Sur certaines stations, la facture approche même les 3 euros le litre.

À première vue, le choix de Mitsubishi peut donc sembler difficile à comprendre. Mais raisonner uniquement sur le prix du carburant serait réducteur. Le constructeur ne cherche pas nécessairement à proposer le véhicule le plus économique à l’usage.
Il répond à un besoin beaucoup plus spécifique, destiné à une clientèle qui recherche un véhicule capable de parcourir de longues distances, de transporter plusieurs passagers, de tracter et de s’aventurer hors des routes goudronnées.

Pour cette clientèle, la question n’est pas uniquement l’économie sur le cout du carburant. Elle est aussi de savoir quelle motorisation répond réellement aux besoins et à l’utilisation du véhicule.

Mitsubishi joue une autre carte que le tout-électrique

Le retour du Pajero intervient également dans un contexte où les constructeurs commencent à multiplier les stratégies technologiques.

L’électrique progresse, les hybrides continuent de se développer, mais certains constructeurs conservent parallèlement des motorisations thermiques sur des véhicules dont l’utilisation impose des contraintes particulières.

Mitsubishi semble précisément vouloir exploiter cette niche. La marque ne présente pas le nouveau Pajero comme un véhicule nostalgique. Elle le positionne comme un nouveau modèle phare, en s’appuyant sur l’héritage du modèle lancé en 1982 et produit à plus de 3,29 millions d’exemplaires dans plus de 170 pays et régions.

Le choix du diesel devient alors un élément de différenciation. Alors que beaucoup de SUV adoptent progressivement des motorisations électrifiées, le Pajero conserve une mécanique qui correspond à son ADN historique et à son usage revendiqué.

Un marché qui ne se résume pas à l’Europe

Il faut également regarder la stratégie de Mitsubishi à l’échelle mondiale. Le Pajero ne sera pas lancé uniquement pour le marché européen. Mitsubishi prévoit une commercialisation dans environ 100 pays à partir de 2027, notamment en Asie du Sud-Est, en Amérique latine et au Moyen-Orient.

C’est un élément essentiel pour comprendre le choix du diesel. Les attentes en matière de motorisation, les infrastructures de recharge et les usages automobiles ne sont pas identiques partout dans le monde. Pour un constructeur qui veut vendre un grand 4×4 sur plusieurs continents, conserver une motorisation thermique peut donc constituer une stratégie de couverture internationale plutôt qu’un simple refus de l’électrification.

Le nouveau Pajero doit ainsi pouvoir répondre à des marchés où l’autonomie, la facilité de ravitaillement et la polyvalence restent déterminantes.

Le véritable pari de Mitsubishi

Le choix du diesel ne signifie donc pas nécessairement que Mitsubishi tourne le dos à l’électrique. Il révèle plutôt une stratégie différente de ne pas appliquer une seule technologie à tous les véhicules.

Pour une petite voiture urbaine, l’électrique peut répondre à une grande partie des usages. Pour un grand SUV familial ou tout-terrain destiné à parcourir de longues distances, transporter sept personnes ou évoluer dans des conditions difficiles, la question devient beaucoup plus complexe.

C’est précisément sur cette différence d’usage que Mitsubishi semble vouloir construire le retour du Pajero. Reste maintenant une inconnue majeure, son éventuelle arrivée en Europe et surtout son positionnement tarifaire. Avec un gazole au tarif élevé et des normes européennes particulièrement contraignantes, le pari sera nettement plus difficile sur le Vieux Continent.

Le Pajero pourrait ainsi devenir un intéressant révélateur de l’évolution du marché automobile : la transition énergétique ne signifie peut-être plus simplement choisir entre thermique et électrique, mais déterminer quelle technologie est réellement adaptée à chaque usage et Mitsubishi vient de faire un choix particulièrement clair.

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