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En ce début d’année 2026, le paysage automobile français est en pleine mutation. Entre un malus écologique dont le seuil de déclenchement est tombé à 108 g/km et un marché du neuf qui peine à retrouver ses volumes d’avant-crise, les constructeurs doivent ruser. Dans ce contexte de tension, Hyundai se distingue par une résilience insolente. Portée par une gamme électrifiée qui représente désormais plus de 70% de ses ventes, la firme de Séoul ne se contente plus de suivre les tendances : elle les dicte, en naviguant entre l’électrique de masse et l’audace technologique de l’hydrogène.
Une croissance à contre-courant
Alors que les ténors du marché subissent la baisse du pouvoir d’achat des ménages, Hyundai France a clôturé l’année 2025 avec plus de 45 000 immatriculations. La recette ? Une présence sur tous les fronts. Du petit Inster qui démocratise l’électrique urbain au Tucson qui reste une référence hybride, le constructeur a su anticiper le durcissement fiscal de 2026. Aujourd’hui, l’enjeu est de transformer cet essai en s’attaquant aux segments C et D avec des propositions de rupture.

L’Ioniq 3 : L’arme fatale contre la domination européenne
Le cœur du marché français bat pour les compactes et les SUV de segment B/C. Avec l’arrivée prochaine de la Ioniq 3, Hyundai compte bien faire de l’ombre aux Renault Megane E-Tech et Volkswagen ID.3. Reprenant l’architecture E-GMP mais optimisée pour des coûts de production réduits, la Ioniq 3 promet une efficience redoutable. L’objectif est clair : offrir une autonomie réelle supérieure à 450 km pour un ticket d’entrée enfin compétitif, sous la barre des 35 000 €, hors bonus. Cette offensive est complétée par le restylage de la Ioniq 6, dont la version « N » de 650 ch vient flatter l’ego des passionnés de haute performance électrique.
Hydrogène : Le nouveau Nexo, un saut technologique à 800 km

Si l’électrique à batterie est le présent, Hyundai maintient que l’hydrogène est une part essentielle du futur. Le nouveau Nexo 2026, fraîchement présenté, marque un tournant. Avec une pile à combustible plus compacte et plus performante, il revendique désormais une autonomie WLTP franchissant la barre des 820 km. Le temps de ravitaillement, toujours fixé à 5 minutes, reste son argument massue face aux bornes de recharge parfois saturées. Pourtant, le défi demeure le même : le prix (autour de 75 000 €) et un réseau de stations encore trop clairsemé en France pour séduire au-delà des flottes d’entreprises engagées dans la décarbonation.

Une stratégie multi-énergies gagnante ?
L’analyse de la stratégie Hyundai révèle une agilité que beaucoup de constructeurs historiques lui envient. En ne mettant pas tous ses œufs dans le même panier (électrique, hybride, hydrogène), la marque sécurise ses parts de marché face à une réglementation thermique de plus en plus punitive. Le véritable test pour 2026 sera la capacité du réseau à absorber cette montée en gamme technologique tout en maintenant l’accessibilité tarifaire qui a fait le succès de l’Inster. Hyundai n’est plus un « outsider », c’est un leader qui impose son rythme.